Conseillère municipale Biarritz Textes

Biarritz magazine avril 2022

Une jeunesse sans masque mais pas sans insouciance

Après deux ans de pandémie, le masque est enfin tombé : soulagement, méfiance, espérance mais pas insouciance. Cette période anxiogène ne sera pas sans conséquence sur le moral des jeunes et des moins jeunes, avec des effets psychologiques à long terme.

Nos petits ont commencé leur apprentissage en maternelle sans voir le visage de celle ou celui qu’on n’oublie jamais, le professeur des écoles, cet enseignant dévoué qui aura mis sa patience et son imagination au service d’une classe d’enfants masqués et interrogatifs.

Les élèves, étudiants, ont été dans une résilience incroyable, confrontés à la culpabilité de pouvoir transmettre un virus, soulagés de sortir d’une période anxiogène dont on ne sait même pas si elle se termine ou marque une pause.

Une jeunesse touchée en plein cœur qui, sans rien dire, a suivi les consignes, directives, ordres et contrordres. Je me dis que celle de 2020 n’est pas la même que celle de 1968, je n’ose imaginer les réactions à cette période-là !

Depuis février 2022, notre monde leur impose une guerre aux portes de l’Europe. L’invasion de l’Ukraine par la Russie prolonge l’angoisse des jeunes, et bien malin celui qui dira qu’aucune conséquence psychologique ne viendra les perturber à des degrés divers.

Nous sommes bien loin de la période des Trente Glorieuses où, au sortir de la guerre, l’énergie humaine était mise au service de la reconstruction. Nous sommes bien loin des barricades érigées par une jeunesse avide d’une nouvelle liberté, qui portait des pantalons pattes d’eph’ et des chemise à fleurs. Nous sommes bien loin des années 80 où, les samedis soir et les autres jours de la semaine, la fièvre du disco sévissait.

Notre jeunesse d’aujourd’hui est soucieuse mais résistante. Cet été, sachons lui redonner un peu de légèreté et ne la chassons pas des plages comme ces deux dernières années au motif qu’ils sont un problème. Ils sont l’avenir.

Trouvons un compromis pour leur dédier des zones sanitairement accessibles et sécuritaires où ils pourront trouver le répit et le réconfort de penser à autre chose qu’aux masques, aux virus, à la guerre.

Nous avons tous eu vingt ans à des époques différentes, comme dit la chanson « La bohème, ça voulait dire on est heureux ». Nos ainés qui ont connu 39/45 et sont toujours parmi nous, témoins de l’atrocité de la guerre d’une jeunesse fauchée, savent ce qu’est perdre ses vingt ans. Je suis certaine qu’ils seront les premiers à se rappeler que, à vingt ans, on a besoin de rêver d’un avenir, d’un horizon.

Biarritz magazine mars 2022

Le polo pour couler le BO

Beaucoup de Biarrots ont découverts comme moi dans la presse ce projet d’équipements sportif, réservé à la fois au tourisme sportif d’équipes professionnelles nationales, régionales, aux clubs locaux, et accessoirement au rugby professionnel et a notre club du BO sans jamais leur avoir demandé leur avis ! Un fourre- tout où la France entière pourra venir s’entrainer, sans spectateurs, sans retombées économiques équivalentes a un club de rugby pro.

Cette décision prive le projet initialement prévu de la rénovation des infrastructures sportives d’Aguilera, d’une partie de son enveloppe ce qui interdit tout lancement de travaux du stade.

Au-delà de l’émotion, de l’histoire, du lien social qu’une équipe de rugby professionnelle engendre, il y a un intérêt économique pour la ville.

Pour 1€ de soutiens publics (subvention, achat de places) les clubs génèrent 13€ d’impact économique en moyenne

Au-delà des emplois directement portés (joueurs, staff sportif, administratif, intervenants ponctuels), les clubs de rugby professionnels supportent également un nombre conséquent d’emplois au sein des économies locales en mobilisant de nombreux prestataires.

Moyenne des emplois directement au sein des clubs :

 TOP 14 : 92 emplois ▪ PRO D2 : 71 emplois

 Le nombre de personnes dont l’activité est directement ou indirectement impactée à chaque match de rugby au sein des territoires hôtes (hébergement, restauration, transport, commerces de proximité) :

 TOP 14 : 998 personnes ▪ PRO D2 : 456 personnes

Panier moyen (€ HT) hors transport de ville à ville et billetterie

Top 14 hors phases finales :   Locaux : 31€ , Visiteurs : 58€                                                   *

 Pro D2 hors phases finales : Locaux : 21€,  Visiteurs : 43€

Le poids économique moyen (volume d’activité) d’un club de rugby professionnel est de 25,6 M€

TOP 14 : 32,4 M€  ▪ PRO D2 : 15,2 M€

Qui veut se priver de ces retombées économiques ?

(Chiffres :  Etude cabinet Deloitte en 2019 commandée par la ligue nationale de rugby)

Améliorer nos infrastructures sportives existantes est une nécessité.

 Créer une usine à gaz réservée en priorité a des intervenants extérieurs, qui va s’en occuper ? Où est le loup ?

Faire croire qu’une partie serait réservé au rugby pro, sans jamais les avoir consultés en les envoyant à 3 km de leur terrain d’entrainement est juste une opération de démantèlement du projet Aguilera les privant de 8 millions d’investissement.

Le polo n’est pas là pour aider le BO, il est juste là pour le couler.

Biarritz magazine février 2022

Les Renards ont pris la ville pour y faire l’antichambre de Paris

Lorsque la nouvelle maire fut élue en 2020, JC le Renard en chef à Paris a levé les mains au ciel, « on a pris Biarritz ! »

Mais pourquoi ?

Après leur victoire en 2020 Les Rena… ayant tout promis pour se faire élire façonnèrent à leur image cette ville qui avait réussi en plusieurs décennies à allier populaire et non populisme, bourgeoisie et non roturier, dans une union où chacun pouvait trouver sa place.

Elle se trouva fort dépourvu quand le virus de la paillette et non du diamant se répandit dans le petit club fermé d’un premier étage de l’hôtel de ville habité par de petits technocrates de parti politique sans âme.

L’hôtel du Palais où chaque Biarrot pouvait se rendre depuis des décennies, n’était plus accessible, cet édifice qui coûte 85 millions d’euros de restauration ne les accueille plus s’ils n’ont pas réservé pour y boire un café ou autre.

Les promesses faites aux jeunes surfeurs pour monter leur école, n’était plus d’actualité, » peut-être va-t-on réfléchir à une école haut de gamme »… Le luxe toujours le luxe

Détruire les arbres avenus de Verdun, pour y construire un hôtel haut de gamme (afin de diminuer les locations saisonnières bas de gamme…) le luxe toujours le luxe

Vente de la maison de 83m2 sur le terrain Grammont pour 500 000 euros à deux jeunes Biarrots voulant s’installer, on peut aussi retomber sur terre en réalisant le prix que doivent débourser des « enfants du pays » !

Vendre des édifices Biarrots plutôt qu’engager une DSP qui ne coûte rien à la ville et qui permet un droit de regard, gagner de l’argent facile sans anticiper le futur…

Augmenter les tarifs du golf, ce golf populaire où tous les Biarrots pouvaient accéder, c’est pour demain, la sélection se fera par l’argent…

Les prédateurs arriveront avec…

Le BO ? Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, jamais vous n’aurez de nouvelles installations, là encore il fallait se faire élire.

 Comment voulez-vous qu’une équipe joue quand elle sent que la ville n’est pas derrière elle ?

Rappelez-vous les grandes heures du BO pas un Biarrot ne manquait à l’appel il y avait une communion avec les élus, les habitants, il n’y a plus rien, on vous a menti pas qu’a vous aux dirigeants, aux sponsors à tout le monde.

Le. Ren… ont pris la ville, L Re… pour la transformer, L…R … juste pour eux, votre ville sera demain le musée d’une histoire populaire qui vous aura été arrachée.

Victor Hugo disait : « L’océan a toutes les grâces, toutes les beautés, toutes les grandeurs. Quand on a l’océan, a quoi bon copier Paris ?

Biarritz magazine janvier-décembre 2021-2022

Biarritz, un traineau sans les Rennes

Nous avons retrouvé certains de nos festivals, de nos spectacles, de nos rendez-vous d’avant le Covid, nos marchés, nous nous en réjouissons.

En revanche toujours pas de réponse à ma question : « Madame le maire, quelle est votre vision pour la ville ? »

Réponse : « Je ne comprends pas votre question. »

Durant l’année, j’ai pu voir effectivement qu’elle ne l’avait pas comprise : refus de l’offre d’une statue, déplacement des jeunes de plage en plage l’été sans alternative anticipée, rien sur la politique des eaux de baignade, enfin presque, des petites pancartes aux bouches d’égout « ici commence la mer », nous sommes sauvés !

Revirement sur l’octroi de moyens pour pérenniser notre club de rugby dans l’Elite Top 14, effets d’annonces et bouts de ficelles. Après avoir clamé avec exaltation, en conseil municipal, qu’elle serait toujours du côté du BO, à croire qu’elle attend maintenant la relégation à la suite de laquelle elle pourra dire : « Vous voyez, j’ai bien fait d’attendre. » Et tout aura été fait pour perdre notre club –  premier employeur privé de Biarritz –, la fierté et ce lien social qui unit les citoyens. Incompréhensible !

La volonté de vendre des bâtiments publics sans anticiper la possibilité de changement de destination dans les années futures, la convocation de citoyens biarrots au commissariat de police, des fêtes d’Halloween et des enfants annulées : parfois je me demande si madame Arostéguy avait bien fait campagne à Biarritz avec ses petits lutins monocrates ou si une doublure était venue s’assoir sur son fauteuil de Maire.

Il est vrai que multiplier les titres divise le temps.

Les prochains mois nous mèneront vers des batailles telles la problématique que nous rencontrons autour du logement. Nous ne pouvons continuer notre chemin sans prendre en compte la difficulté qu’ont nos concitoyens à se loger.

Plus qu’un enjeu immobilier, il s’agit de préserver notre authenticité, notre identité, notre économie. Loger nos plus jeunes en pérennisant nos plus âgés, c’est ce qu’on appelle la transmission.

Si notre territoire est attractif, c’est justement parce que nous avons réussi à préserver un art de vivre, une culture, des traditions. Si demain nous perdons tout cela, tout le monde sera perdant, y compris celles et  ceux qui ont été attirés par ces caractéristiques.

J’espère que le Père Noël passera par Biarritz, après tout même lui s’habille bien en rouge et blanc, il doit avoir des origines Biarrotes !

En attendant, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année, et une future nouvelle année animée. Et je sais qu’elle va l’être, pour moi également.

Article Médiabask

Rugby : partage, volonté, identité

Le rugby dans notre département est une institution, à Biarritz il est aussi une histoire, une identité et… une mêlée, une vraie !

115 ans d’histoire de notre ville se sont construits autour d’un partage commun : l’émotion du terrain, la transmission des valeurs, la gloire des joueurs et celle de la ville. Cela, nous ne pouvons ni le nier, ni l’oublier.

Après plusieurs années difficiles, le club est enfin revenu au niveau de l’élite professionnelle grâce au travail des joueurs, des encadrants, des sponsors et d’une nouvelle équipe dirigeante.

 Tout doit être fait afin de pérenniser le club.

Que faut-il ?

D’abord la volonté de garder à Biarritz son équipe de rugby professionnel, son identité ; celle de maintenir le lien social qui unit ses citoyens en rouge et blanc ; celle qui légitime la fierté, l’ambition et la passion. Sans cette volonté rien ne pourra se faire.

Ensuite, des installations et des équipements adaptés, dignes d’une entité professionnelle. Le club ne pourra vivre et prospérer qu’en générant les recettes nécessaires pour offrir l’environnement propice à l’épanouissement des joueurs et à l’émergence des talents de demain. Une vraie pépinière doit assurer la relève en maximisant l’attractivité locale.

Les installations dont nous disposons côté tribunes Blanco sont complètement obsolètes. Avant le match Biarritz-Lyon, j’ai croisé deux dirigeants lyonnais qui échangeaient « Elles sont pourries leurs installations. » Voilà, ça résume tout.

Actuellement, la SASP du Biarritz Olympique et le BO amateur sont ou plutôt étaient liés par une convention. Une subvention était votée chaque année en faveur du BO pro qui en ventilait une partie au profit du BO amateur. La mairie, après avoir fait nommer une nouvelle équipe, a décidé de retirer une partie de cette subvention à la SASP afin de la verser directement au rugby amateur. Elle a également dénoncé la convention qui les liait.

Cela va entraîner la fragilisation du club professionnel qui continue de payer les salaires, y compris ceux des joueurs amateurs au bénéfice d’une structure, qui n’a pas fait preuve de sa bonne gestion : un déficit de plus de 300 000 euros, creusé par le dernier président, a été constaté par la Fédération Française de rugby ainsi que par la Ligue nationale de rugby. En revanche, ces deux organismes ont salué la bonne gestion de la SASP.

On enlève à l’un pour donner à l’autre, comment accepter de déstabiliser ainsi un club dont on a participé à faire la gloire, à moins qu’on ne veuille pas qu’il s’en sorte ?

Quels sont les leviers afin de générer les recettes ?

Un stade agrandi et adapté de manière à attirer les sponsors fidéliser davantage d’abonnés, aujourd’hui le quota maximum dans ces deux catégories est atteint, nous sommes donc en limite de bénéfices. Il faut créer un modèle économique en allant chercher des financements, soit dans le cadre d’un projet global comme ça aurait pu l’être avec une partie immobilière, soit avec divers subventions et emprunts comme cela a été le cas pour d’autres clubs de notre département, tout est une volonté politique.

Il y a une seule question à poser : veut-on garder un club professionnel à Biarritz ?

Un club professionnel, s’il a un coût, génère aussi beaucoup de retombées économiques, plusieurs millions d’euros, au niveau des commerces, bars, restaurants et hôtels. Le BO pro est l’employeur d’une centaine de personnes actuellement. En faisant vaciller le club, c’est tout un pan économique qui sera mis par terre et beaucoup d’emplois également car on peut dire que la SASP est le premier employeur privé de la ville.

Les solutions doivent être rapides dans leur mise en œuvre et non conditionnées à un calendrier électoral. Sinon ce sera trop tard et d’autres clubs en tireront parti, mais c’est peut-être ça qu’on cherche.

Nous aurons alors perdu notre identité…

Biarritz magazine Novembre 2021

Ventes, la face cachée.

Nous avons effectué, lors du conseil municipal de septembre, une grande braderie : Villa Fal et auberge de jeunesse, on vend.

Ces bâtiments non utilisés depuis plusieurs années ou quelques mois ont bien évidemment une valeur foncière. Mais il ne faut pas oublier que, s’ils ne bénéficient actuellement d’aucun entretien, ils restent des bâtiments publics dont nous pouvons contrôler la destination, état que nous ne pourrons pas pérenniser si ceux-ci nous échappent.

Pour ce qui est de l’auberge de jeunesse, le projet d’y faire des logements afin d’héberger des étudiants ou des travailleurs saisonniers est tout à fait louable. Cependant, nous ne sommes pas obligés de vendre un emplacement privilégié. Qui dit que dans dix, vingt ans l’acquéreur ne changera pas la destination pour une énième résidence hotellière ou un projet immobilier ? Nous pouvons à la fois louer en délégation de service public sans qu’aucun entretien nous incombe et garder la maîtrise de l’ouvrage dans le temps.

Quant à la Villa Fal, qui n’était absolument pas au programme de la candidate, la voilà propulsée à la vente, bizarrement qu’après la venue d’un célèbre champion de hand-ball et son associé promoteur Dijonnais ont annoncé qu’ils cherchaient une villa avec 10 000 m2 de terrain à Biarritz ou Anglet, afin d’y construire une « villa des sports » dans le but d’accueillir des sportifs de haut niveau. Ceux-ci utiliseraient aussi les installations sportives des professionnels d’Aguilera !…

Comme je l’ai dit au conseil municipal, c’est un peu comme si Thierry Malandain allait partager ses plages horaires et ses studios avec le staff d’une équipe d’escrime de 60 personnes !

Ce délestage soudain de biens communaux dans des projets différents annonce l’abandon du patrimoine Biarrot, ce dernier une fois perdu ne pourra faire l’objet d’aucun contrôle.

La villa Fal, elle, requiert une double lecture. Y laisser s’installer des sportifs de haut niveau qui exploiteraient des installations et des bâtiments communs avec le rugby professionnel à Aguilera est une ineptie, à moins d’encourager la fin du club professionnel, ce qui est un autre sujet…

Si l’auberge de jeunesse serait parfaite pour une occupation d’étudiants et de travailleurs saisonniers, la villa Fal, lieu d’exception, trouverait tout à fait sa vocation dans une destination artistique.

Nous devons absolument garder la maîtrise de notre patrimoine, l’histoire de Biarritz doit s’écrire avec l’authenticité, la préservation des valeurs, dans le respect de son identité.

Biarritz magazine Octobre 2021

BOPB, le jour d’après

Passons sur les querelles de personnes.

Passons sur les 115 ans d’histoire de notre club de rugby qui ont participé à édifier la renommée de Biarritz.

Passons sur tous ces joueurs ambassadeurs, internationalement connus qui ont fait et font la fierté de notre ville.

Passons sur la locomotive sportive entraînant d’autres clubs dans son sillage.

Passons sur l’admiration de ces enfants portant le maillot de la transmission sportive en rêvant de le mettre longtemps…

Passons sur la centaine de salariés d’une entreprise sportive permettant à des dizaines de familles de vivre.

Passons sur le label d’un nom qui a donné à notre ville une authenticité.

Passons sur les multiples exploitants locaux qui interviennent lors des cocktails, déjeuners, dîners des partenaires, et sur la valorisation du village rugby.

Passons sur les associations qui, tout au long de l’année, suivent, encouragent, animent sans fléchir, avec enthousiasme, ardeur et affectivité, et qui donnent aux entreprises de transports des ailes en rouge et blanc.

Passons sur les centaines de supporters d’équipes adverses qui viennent passer un week-end, consommer dans nos bars, hôtels, restos, commerces, avant ou après le match, espérant la revanche lors du match retour.

Passons sur toutes ces entreprises locales partenaires, vecteurs d’économie et d’emplois, affichant fièrement leur identité autour du stade avec une visibilité nationale lors des retransmissions TV.

A défaut de vision parlons d’émotions.

Parlons de ce jour où toutes les tranches d’âges, toutes les catégories sociales s’unissent, fières de leurs couleurs avec, dans les tripes, ce mélange d’envie et de passion d’être celles et ceux qui défendent leur ville, leur équipe, un art de vivre, une Histoire.

Parlons de ces chants qui traversent les générations « Tout un pays rêve de gloire pour cette équipe qu’il soutient », de ces drapeaux symboles d’appartenance, de caractère, parlons de cette mixité qu’agrège le rugby.

Parlons de la rage de vaincre.

Parlons de ces joueurs, guerriers se battant pour notre maillot, notre gloire et qui mettent le dépassement de soi au service du collectif.

Parlons de cette sélection habile et opportune afin de créer une équipe homogène et technique.

Parlons de ce premier jour où, après des années d’espoir et de travail acharné, notre équipe a forcé le respect en accédant vaillamment à la division-élite si convoitée, dans un stade débordant d’un public passionné.

Parlons du plaisir de tous ces supporters qui vibrent à l’unisson.

Le jour d’après, c’est préserver le passé, déguste

Biarritz magazine Septembre 2021

Biarritz et le variant « jeunes »

Nous avons assisté cet été au déplacement des problèmes, enfin ceux que l’on nomme « les problèmes » c’est-à-dire les jeunes Biarrots et puis les autres…

Après des incivilités commises sur la Grande plage, morceaux de verres, vendeurs de substances en tous genres, la réponse fut la fermeture de la grande plage à 23 heures qui n’a fait que déplacer le problème sur une autre, la plage du Port Vieux. Réponse en suivant : fermeture de la plage du Port Vieux à 23 heures. Ça c’est de la stratégie !  Voilà que les jeunes se déplacent … à la Côte des Basques. Ah vraiment ils sont tenaces !

Depuis bientôt 18 mois, on leur a enlevé les activités sportives, demandé de se masquer. A l’âge où l’on a envie de sortir, de plaire, de séduire ; on leur a dit « vous êtes des vecteurs, vous ne voyez plus vos grands parents », on les a confinés avec des cours en Visio, on leur a imposé un couvre-feu. Ensuite on les a relâchés le temps d’un été, mais toujours avec le masque et des jauges dans les bars, pas de plage le soir, pas de boîtes de nuit.

Puis la rentrée est arrivée, université, lycée, collège, couvre-feu, « vous êtes des vecteurs, pas de repas de familles, plus de FAC, plus de bibliothèques, plus de restos U, plus de vies sociales, vous devez étudier dans votre petite chambre tout en Visio, on vous paiera un psy si ça ne va pas et on vous distribuera des repas si vous avez faim ». Chouette la vie d’étudiant !

Lycéens, collégiens, un coup à la maison, un coup dans l’établissement, des panneaux au réfectoire pour ne pas se contaminer. Le sport ? mais vous rêvez c’est toujours non.

Ils ont fait tous les efforts nécessaires, ils se sont adaptés pour protéger les plus fragiles, certains ont craqué dans leurs études, ils se sont arrêtés, ils repartiront… ou pas.

Aujourd’hui ils se vaccinent (ou pas) mais nous, dans notre ville, plutôt que de créer des conditions pour qu’ils puissent retrouver une vie sociale, on les pourchasse.

Résultat, ils ont erré en divers endroits sans accompagnement, ils se sont lâché d’autant mieux qu’aucun exutoire ne leur a été proposé, devenant ainsi les parasites des riverains mécontents.

Après des mois d’interdits, ils n’allaient pas se coucher après le journal de 20 heures !

Ce n’était pas compliqué de créer des zones encadrées avec des agents de sécurité comme pour les casetas par exemple, des éducateurs « grands frères ». Diviser la jauge dans plusieurs lieux de la ville aurait permis de mieux réguler, surveiller et de diminuer les nuisances. La majorité voulait juste profiter de sa jeunesse dans son cadre de vie Biarritz, on les a méprisés : drôle de façon d’accompagner l’avenir…

Biarritz magazine Juillet 2021

Le déraillement de la démocratie

Les dernières élections intermédiaires à Biarritz comme partout en France, nous ont montré la triste réalité d’une démocratie bien malade d’un train qui n’est plus sur les rails.

30 % de votants, ou 70 % d’abstention, suivant que l’on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide.

La légitimité du vote n’est plus représentative.

Pourquoi un tel désintéressement ?

La longue décrépitude des partis de droite comme de gauche, qui n’ont pas su se renouveler, où les jeunes ne trouvent plus leur place depuis longtemps, sauf pour servir aux plus anciens un verre de cidre avec une part de galette des Rois une fois par an, des combats idéologiques supprimés, une démocratie participative réduite, le virage du numérique raté, l’étude de l’évolution de la sociologie oubliée.

L’espoir du changement personnel suscite des attentes souvent déçues alors que c’est plutôt le changement pour le bien commun qu’il faut regarder.

 Le non-respect des promesses parfois irréalistes, les programmes sont-ils vraiment lus ?

A une époque où l’information n’a jamais autant circulé, n’est-il pas paradoxal qu’elle soit si peu captée ?

Et puis il y a la longévité de mandats interminables, un peu comme ces séries TV qui ne s’arrêtent jamais, où les saisons se succèdent et empêchent d’imaginer autre chose.

La démocratie est malade justement parce qu’elle ne répond pas aux envies de chacun  de participer, de construire, d’imaginer, de créer. Et transformer prend du temps, c’est souvent ce paramètre qui manque.

Notre société glisse vers de plus en plus vers l’individualisme que le télétravail imposé par le covid a renforcé. Où est le progrès de travailler seul chez soi ? d’avoir moins de relations sociales ? d’échanger par écran interposé ? Personnellement je ne le vois pas ! Et le fait que les entreprises veuillent le démultiplier ne va pas diminuer cette tendance.

Il y a parfois des choses en lesquelles on veut nous faire croire en réactivant notre enthousiasme, un peu comme remettre en place les trains de nuit.

Seules les personnes qui n’ont jamais dormi dans un wagon en compagnie de quatre inconnus, se levant le matin la tête et les vêtements froissés après avoir somnolé toute la nuit dans l’espoir de ne plus entendre le bruit syncopé des bogies sur les rails et les ronflements qui peuvent s’extasier du retour des trains de nuit !

Notre démocratie est un peu comme ces vieux wagons, elle n’est pas confortable, elle n’est pas performante, elle fait du bruit mais n’avance pas.

Si demain nous voulons retrouver les chemins de l’envie, alors il faudra construire ensemble de nouvelles gares, celles de l’avenir, il en va de la démocratie.

Biarritz magazine Juin 2021

L’assosthésie

La longue anesthésie qui frappe le monde associatif prive les citoyens du lien social qu’elle véhicule.

Nous vivons dans un monde irréel où le bout du tunnel n’est jamais là où on l’espère.

Fini le sport en collectivité, la culture, les conférences, les fêtes de quartier depuis plusieurs mois. Chacun espère et nos associations sont en attente.

Nous n’avons pas été les plus touchés par la pandémie, peut-être grâce à un environnement de plein air plus favorable, au vent du large ou au fameux rhésus O négatif, le sang des Basques comme on dit !

En attendant, nous subissons ce long sommeil d’une vie associative en pause.

Quel été allons-nous passer ? Allons-nous retrouver notre culture locale ? nos fêtes de quartiers ? nos courses autour des lacs ? nos méchouis agneau-haricots blancs ? nos courses des garçons de café ? nos débats animés ? et bien sûr nos apéritifs généreux où le monde se refait dans la joie, parfois l’engueulade mais toujours bonne enfant.

Cette ambiance que nous aimons tant ne va-t-elle pas être freinée par cette méfiance du retour d’un variant. Nous n’avons pas eu encore « le Basque », mais au moins celui-là on l’aura fabriqué !

Cette ambiance entre deux, de sortie de semi-confinement sans vraiment pouvoir retrouver une vie spontanée, nous prive encore d’une vie sociale sans barrière. Difficile pour nos associations d’en appréhender l’organisation, il est important qu’une volonté politique donne un signal positif en leur direction.

Leur permettre de pouvoir se produire en extérieur, dans des secteurs différents de la ville.

 Utiliser les sites naturels que nous avons, serait un vrai coup de pouce pour  celles et ceux qui au long de l’année donnent à notre ville l’énergie, l’ambiance la créativité, l’authenticité.

Les nouvelles jauges le permettent, et la preuve a été faite que ce virus à 99,99% ne s’attrape pas en extérieur.

Toutes nos associations sont dans l’espoir de revoir leurs adhérents et les adhérents leur ambiance, leurs amis, ce lien social indispensable qui unit les citoyens.

Nous avons hâte de retrouver cette liberté, cet enthousiasme dont on se rend compte qu’ils ne font défaut que quand on en est privé. Nos associations sont un cœur qui bat dans la ville, elles sont l’outil fédérateur pour tous les quartiers autour de la volonté humaine.

Les cours de sports reprennent en extérieur, le reste doit suivre avec les beaux jours, le vaccin, le vent du large, le rhésus 😊et enfin le tunnel ne se déplacera plus, on en verra le bout.

Assosthésie : néologisme fondé sur la privation de la faculté de se réunir et de partager

Biarritz magazine Mai 2021

Équilibre et territoire

Nous avons voté à l’unanimité lors du dernier conseil municipal l’acquisition foncier du terrain Gramont au Col, afin de pérenniser un des rares espaces verts de notre commune. Ce terrain enclavé n’était pas adapté à la construction d’un bâti, et actait une volonté de préservation de notre environnement.

Sur cet emplacement, une petite parcelle constructible sera vendue afin d’y construire une petite maison, voire deux appartements. J’ai soumis lors de cette délibération le souhait que des familles Biarrotes en bénéficient.

Nous voyons de plus en plus sur notre territoire un vent de révolte monter, ce vent s’il est parfois mal exprimé est aussi un signal d’alarme, celui de l’exclusion de nos jeunes et moins jeunes qui n’ont plus les moyens de se loger sur la terre qui les a vus naître.
Une fracture territoriale, pas récente, crée un déséquilibre dans notre société.


Des décisions qui seront prises dépendra la préservation du capital social et culturel de notre territoire.
Un nombre grandissant de résidences secondaires vides à l’année devient un acteur de déséquilibre sociologique, tout en étant aussi un outil d’attractivité du territoire dans la haute saison et donc d’emplois.
L’équilibre est compliqué.
Une politique volontariste de surveillance des plateformes de locations reste un outil d’évitement d’une spéculation professionnelle.
La taxation des résidences secondaires, si elle génère des revenus pour la ville, n’a en aucun cas abouti à la libération de logements. Il suffit de le voir sur des communes qui pratiquent la taxation à 60% depuis des années, les logements restent vides.

Plutôt que la taxation, ne faudrait-il pas tourner le bouton sur l’incitation positive fiscale des propriétaires, afin de libérer une partie des logements à l’année sur des zones tendues comme les nôtres ?

Prêts à taux zéro en collaboration avec les mairies et le COL, des pistes afin d’assurer une cohésion territoriale.

Le peu de terrain de certaines communes ne leur permet pas de rentrer dans la loi SRU. L’augmentation des territoires devra se faire en concertation avec la communauté de communes et les agglomérations pouvant absorber un déficit communal aussi.

La mobilité en coordination avec l’urbanisation est essentielle.

Les solutions existent, un territoire est un équilibre où chacun doit pouvoir construire sa vie dans le partage des valeurs. L’authenticité, l’attractivité, la dynamique entrepreneuriale passeront par cet équilibre. Biarritz doit, elle aussi, trouver une harmonie, une cohésion et une préservation territoriale.

Biarritz magazine Mars 2021

Anticiper le futur et non le subir

La crise épidémique que nous traversons nous a confirmé une chose, c’est qu’il vaut mieux anticiper le changement démographique et l’accompagner.

Demain le vieillissement va s’accélérer, la tranche d’âge au-dessus de 75 ans est passée de 6,6 % à 9,1 % de la population totale entre 1990 et 2015. Dans les 25 prochaines années, cette proportion va passer à 14,6 % en 2040, donc une évolution deux fois plus forte.

C’est une bonne nouvelle car cela veut dire que, grâce au progrès de la médecine, à une hygiène de vie régulière, un environnement préservé, l’espérance de vie augmente. Cependant, se posera aussi de plus en plus la question du maintien à domicile.

Vivre dans un cadre personnel est ce que chacun envisage pour ses vieux jours, mais parfois un accompagnement reste nécessaire. La télémédecine, la télésurveillance, les nouvelles technologies peuvent prolonger la présence humaine à domicile tout en réduisant l’intrusion dans l’espace privé, sans remplacer l’aide à domicile mais en venant en appui de celle-ci.

Permettre la coordination des acteurs de soins facilitera et amplifiera la demande de maintien à domicile. Cette mise en place doit être l’objectif des acteurs territoriaux :

  • La ville pour la coordination sociale, les soins, les repas, les courses, les déplacements, les activités physiques, la prévention des chutes dans les rues, les programmes innovants d’intelligence artificielle avec les professionnels de santé et sociaux ;
  • Les départements et régions pour la recherche et l’innovation.

Domotique, robotique, intelligence artificielle sont les innovateurs du développement des outils au service de l’humain et de la santé.

Piluliers connectés, détecteurs de chutes, électrocardiogramme interprétable à distance, géolocalisation permettront d’accompagner les professionnels en assurant un service H/24, et une coopération entre les différents acteurs.

La télémédecine permet tout à la fois une détection précoce des rechutes, des réductions d’hospitalisation évitables, une baisse drastique du coût des transports, soulageant ainsi les hôpitaux.

Mieux vaut anticiper le confort de vie pour la société, qu’augmenter les budgets de santé.

La ville de demain sera de plus en plus connectée. Se tourner vers tout ce qui permettra une meilleure prise en charge des citoyens dans leur environnement aidera à la fois à créer de nouvelles entreprises et de nouveaux métiers pour nos jeunes.

En anticipant l’avenir, on diminue les risques et les coûts, on crée de l’emploi, on protège nos ainés. Il est peut-être là le vrai lien intergénérationnel !

Biarritz magazine Février 2021

Biarritz – vers une paupérisation du centre-ville

Je ne suis pas du style à m’opposer à tout systématiquement, et préfère observer l’évolution de la mise en place d’une politique urbaine avant de donner mon avis.  Je l’ai fait par exemple lors du dernier conseil municipal, en proposant d’utiliser les cours d’école du centre-ville pour le stationnement des résidents à l’année, durant les deux mois d’été.

Après six mois d’une communication bien léchée, d’une organisation militaire, apparait une stratégie inquiétante.

  • Nous avons eu d’abord la disparition de l’association de remise en forme des 3 A, qui utilisait les locaux appartenant à la ville derrière la mairie, sous prétexte que la gestion de celle-ci était mauvaise et nécessitait une refonte dans d’autres lieux de la ville. On peut entendre le premier argument, en réorganisant sur site.
  • Nous avons eu lors du dernier CM, la remise en question du cinéma « le Royal », dont les murs appartiennent à la ville, ce dernier nécessitant des travaux. Et plutôt qu’une remise à niveau, la solution proposée serait la possibilité de le déplacer à plusieurs centaines de mètres …
  • Nous avons appris il y a quelques jours, par le quotidien Sud-Ouest, le futur déplacement du CCAS, dont les locaux square d’Ixelles appartiennent à la ville, au prétexte qu’il n’est pas pratique pour les utilisateurs, alors qu’il se trouve juste en face de la station de bus, là où convergent toutes les lignes…

Priver le centre de Biarritz d’associations, de lieux de culture, de services administratifs, participera à une paupérisation. Cela se fera sentir surtout en dehors de la saison estivale ! Biarritz deviendra-t-elle alors une cité dortoir, dont une partie des habitants non véhiculés seront otages ?

 La raison ?

Avec 50% de dépense de fonctionnement sur le budget, sans volonté de réduire les coûts, il faut vendre ce qui rapporte.

Ces trois emplacements stratégiques du centre seront-t-ils transformés, en résidences ? risquant de rester vides une partie de l’année ?

 Le prix à payer sera une dévitalisation du centre-ville, un manque à gagner en dynamique.

A l’heure où l’on cherche à revitaliser les centres villes, Biarritz est en train de prendre le chemin inverse ! Ne peut-on pas trouver des bijoux de famille à vendre qui n’impacteront pas la vie des Biarrots, revoir la gestion, afin de sauvegarder la vie associative, culturelle et administrative dans le centre ?

Demain ces choix définitifs transformeront la cité impériale en cité fantôme…

Biarritz magazine Janvier 2021

2020 – Annus horribilis

Santé, économie, social, la vie s’est suspendue un jour de mars pour ne plus vraiment repartir. Un confinement et on pensait qu’après ce serait terminé ; puis un déconfinement où la vie a repris son cours peut-être trop rapidement, on retrouvait une activité, nos commerces, peu de culture, on finissait une élection bien trop longue… Un été masqué, des débordements et puis l’automne là où les feuilles tombent, les décisions aussi.

A Biarritz, nous avons l’océan, le meilleur remède l’air iodé, nous avons nos lacs pour nos promenades quotidiennes, nous avons notre phare, le rocher de la vierge qui dominent l’océan, regardant les tempêtes frôler leurs sommets, offrant aux Biarrots deux repères emblématiques, nous avons notre Port Vieux, ses crampottes encerclées de rochers décousus.

Nous avons notre histoire, le Palais, Eugénie et Napoléon, nos étendues de plages tantôt déchirées par le déferlement des vagues, tantôt caressées de soleil ; nous avons nos églises, nos quartiers, nos rues en collines, nos chorales, nos artistes, notre âme et notre passion pour notre ville. Nous avons notre héritage.

Le patrimoine dans le sang, nous défendons notre legs mais aussi notre avenir. C’est depuis cette fenêtre d’où s’échappe l’imagination qu’il faut regarder le futur et fuir la sinistrose.

 Puis nous avons nos batailles, nos choix, engueulades dans une nouvelle mandature. La conjoncture actuelle va modifier beaucoup de décisions. Avec moins de rentrées financières, nous devrons nous adapter, tendre vers l’intérêt commun du mieux possible.

Oublions-les croque-morts du 18 heures avec leurs costumes sombres, leurs cravates tristes, leurs mines livides de portier de manoir hanté annonçant la courbe ascendante, descendante, stagnante, leur « en responsabilité » et leurs chiffres angoissants.

Oublions aussi nos nouveaux animateurs vedettes sortis des facultés de médecine, tellement nombreux et présents, qu’on se demande encore comment il peut y avoir autant de déserts médicaux en France ! encore une réforme à mener !

A 18 heures, je préférais Casimir !

Cette fragilité d’un monde qui bascule tout à coup dans l’incertitude a aussi permis à la science de progresser autorisant l’espoir.

La vie d’avant me manque : vos visages, vos sourires, vos indignations, nos échanges.

Propositions, nouvelles batailles, élections, j’espère que cette nouvelle année sera celle de nos retrouvailles, du lien social qui nous unit. Je vous souhaite une bien meilleure année 2021.

Biarritz magazine Octobre 2020

Espoir

A l’époque on se demandait ce qui était le plus difficile : la peur de la maladie ou l’espoir de retrouver un monde meilleur.

Ce virus, conséquence de la rencontre d’une chauve-souris et d’un pangolin sorti de son milieu naturel, s’était abattu sur notre ville comme sur le reste de la planète. Notre quotidien devint soudain différent, chacun avançait masqué, l’air méfiant du regard de l’autre, les artistes avaient perdu leurs audiences et en eux bouillonnait cette envie de créer, d’exprimer, d’offrir au monde des émotions ; les associations marchaient au ralenti ou étaient à l’arrêt, enlevant de nos vies le ciment du lien social ; nos jeunes se pliaient aux consignes, rêvant d’un monde nouveau découvrant leur visage pour regarder l’avenir, la pauvreté grandissait, le désespoir aussi.

Nos anciens derrière leurs fenêtres observaient ces passants dans leurs demi-visages, ils avaient de nouveau entendu ce mot de couvre-feu pour la seconde fois de leur existence eux qui, le siècle précédent, avaient connu une guerre, une autre…

Nos commerces et nos entreprises étaient suspendus aux décisions « d’en haut », observant des graphiques et des courbes. Elles se réinventaient, s’adaptaient, l’heure n’était plus à la spontanéité mais au sauvetage.

Pendant ce temps, le monde médical s’affairait à soigner, à trouver un vaccin. Des mois et des mois passèrent et, enfin, l’espoir de Pasteur fut le libérateur. Certains se firent vacciner.

 « Contre tout » ou « contre rien », d’autres laissèrent l’épidémie achever sa circulation…

 Les symptômes s’effaçaient, laissant derrière eux des séquelles, des défunts, pour certains, pour d’autres, des faillites.

Mais enfin le monde allait retrouver sa liberté, le cauchemar se terminait, la vie reprenait son chemin, la pandémie s’achevait et l’espoir renaissait, la culture, les liens sociaux, le travail revenaient, tout repartait même le BO ! Ah le BO !!!

L’humain devait dessiner sa destinée, fixer son cap.

L’histoire ne dit pas si le pangolin était reparti dans son écosystème d’où l’homme n’aurait jamais dû l’extraire….

 C’était hier.

Corine Martineau